Dans les images du projet «La mémoire des brindilles», la représentation d’un paysage contemplé fait place à celle de lieux marqués par ma présence, qui montrent les traces de mon passage. Faisant référence aux premiers découvreurs, je désire visiter les terres, chercher les détails oubliés et, par le fait même, laisser la trace de mes recherches sur le paysage. En allant m’identifier au territoire par le biais de petites interventions in situ que je photographie, ma quête devient identitaire et ma recherche fait écho à l’histoire et au passage du temps sur les terres visitées.
Au cours de la création du projet La mémoire des brindilles, je fus intéressé par les nombreux vestiges du passé trouvés en forêt (les amoncellements de roches, par exemple, ayant été amassées par d’anciens cultivateurs désirant rendre leur terre cultivable et où les pierres faisaient obstacles aux semences) et désirai réaliser de petites interventions qui rappelleraient ces marques faîtes au territoire.
Le travail est, de plus, personnel et introspectif. Alors que je revenais d’un voyage à l’extérieur du pays, deux questions me restaient à l’esprit : Qu’est ce que signifie «être chez soi, se sentir chez soi» ? «Être chez soi» et «explorer l’inconnu» sont-elles des idées résolument inconciliables ? Par ce travail, je désirais trouver un niveau d’exploration propre au monde du connu, du “chez soi”. L’exploration que je tentai de réaliser s’insinue dans la discrétion des choses, dans les détails oubliés, sous le touffu des branches et des brindilles.
Le livre d'artiste qui accompagne le projet est de dimension 6 1/2 x 9 1/2 pouces et contient 16 tirages au jet d'encre. Tirage limité de 5.